Metamorphose

Metamorphose

Pimp my Garbage

Dress

Transmutation

The Metamorphosis is a transmutation of Form, a profound transformation from one being to another. Fascinating and mysterious, this process is a cycle within a cycle, highlighting birth, death and re-birth.In a majestic staging, not without a certain innocence, Ghizlane Sahli raises the curtain on metaform. Form is beyond form. She analyzes the lifecycle of the butterfly, and renders it with vividness. The cycle begins with an evanescent cocoon in the center of the installation. It is the luminous starting point. This cocoon, made of paper, is the genesis of the work to be, and yet in this light another being is dying. Metamorphosis, but also metaphor, because the passage through the cocoon applies to all forms of life, the shadowy light of birth, constructions and re-constructions – all always taking the path where light needs darkness in order to sprout. The next part of the installation is the chrysalis, an inchoate amalgam of different materials, burnt plastic, paper, string, metal mesh – everything used in the work is here. This strange larva, of which the contours appear undefined, is almost distressing because it breaks the esthetic harmony.Nonetheless, this absence of form contains the promise of the butterfly, it is between the two, it is the entry to what is to come, expressing all the being’s potentiality, which does not yet have its definitive form. It is an intermediary stage of the construction. Still without its own form, it is a being in search of itself, nourished by its own shell, absorbing its own world in order to emerge into another.The installation then leads back to the beginning, before the cocoon, as though backwards. This three-dimensional concept reveals the cycle, present, respected, non-linear - the artist’s vision urges to imagine the butterfly emerging from the last tatters of its chrysalis, and flying up, majestic, to its new perch, in its new form, at the beginning of a new cycle. The butterfly is distinctly feminine. The artist has sculpted its silhouette with metal mesh, clothed with colors. Multi-colored and silken flowers, made from plastic bottles tirelessly covered by silk thread, an important observation because repetition is on of the artist’s creeds. This metamorphosis proposed is an ode to the cycle, in which we find rhythm, lightness and depth - a sonnet, which entices one’s imagination into a dream world full of meaning.

 

 

La Métamorphose est un changement de Forme, une transformation profonde d’un être en un autre être. Fascinant et mystérieux ce processus est un cycle dans le cycle, qui met en lumière la naissance, la mort et la renaissance.Dans une mise en scène majestueuse, mais emprunte d’une certaine naïveté qui confère une innocence au regard, Ghizlane Sahli lève un voile sur la méta forme…La forme au-delà de la forme.Elle décortique le cycle du papillon et nous le restitue dans une nudité haute en couleurs.Le cycle débute par un cocon évanescent placé au centre de l’installation, il est le point de départ lumineux de l’œuvre. Ce cocon de papier est la genèse de l’être à venir, et pourtant, dans cette lumière un autre être se meurt. Métamorphose, mais métaphore aussi, car ce passage obligé par le cocon s’applique à toutes les formes du Vivant, la lumière ténébreuse de l’enfantement, les reconstructions et constructions, passent toujours par ce point ou la lumière à besoin de l’obscurité pour générer.L’installation se poursuit par la chrysalide, informe, constituée d’un amalgame de matériaux hétéroclites, plastique brûlés, papiers, fils, grillage métallique, toutes les matières utilisées dans l’œuvre sont là. Cette étrange chrysalide, aux contours indéfinis est presque dérangeante, car elle casse l’harmonie dont se nourrit l’esthétisme.Pourtant, cette « informité » contient les prémisses du papillon, elle est un entre-deux, c’est une antichambre du devenir, dans laquelle s’expriment toutes les potentialités de l’être, qui n’est pas encore entré dans sa forme définitive. Elle est une étape intermédiaire de la construction. Encore sans forme propre, l’être se cherche, il se nourrit de sa propre carapace, absorbe son monde pour renaître à un autre.L’installation nous ramène ensuite au début, avant le cocon, comme à rebours. Cette conception en trois dimension de l’espace nous dévoile le cycle, il est là, respecté, il n’y a pas de linéarité, cette vision de l’artiste nous pousse à imaginer le papillon s’échappant des derniers lambeaux de sa chrysalide et allant se poser, majestueux, à sa nouvelle place, dans sa nouvelle forme, au commencement d’un nouveau cycle.Le papillon a une forme, elle est féminine, l’artiste a sculpté sa silhouette dans le vide avec un grillage métallique, qu’elle a habillé de couleurs. Des points multicolores et soyeux, qui sont des dizaines de fonds de bouteilles en plastiques, inlassablement recouverts de fils de soie, un geste qui a son importance, car la répétition est un des crédos de la plasticienne.Cette métamorphose du papillon que nous propose Ghizlane Sahli, est une poésie du cycle, on y retrouve, le rythme, la légèreté et la profondeur, d’un sonnet, qui pousse notre imaginaire dans une rêverie pleine de sens.

 

Katia Sahli